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  • Photo du rédacteurStéphane Le Colas

Considérations sur le Deuil en Ayurvéda

Dernière mise à jour : 31 oct. 2023


Nous devons tous en aller un jour. On le sait consciemment mais lorsque l’on perd un être cher, c’est toujours une expérience très difficile à vivre. L’Ayurvéda ne considère pas la période du deuil comme un déséquilibre, comme une maladie, mais au contraire comme une opportunité. Celle d’un important développement personnel et spirituel.


On dit dans la philosophie qui sous-tend l’Ayurvéda et le yoga que la douleur et la peur mènent directement au bonheur.

La peur et le chagrin que nous ressentons n’auraient pour but que d’attirer notre attention sur nous-mêmes. Il s’agirait donc là d’un processus quelque peu égocentré. C’est grâce à cela que nous sommes capables de supporter ces sensations et ces émotions désagréables : elles nous rapprochent de qui nous sommes vraiment, elles permettent de nous découvrir davantage. Les émotions ressenties lors de la perte d’un être cher peuvent être considérées comme nécessaires à une réelle évolution personnelle.


Selon l’Ayurvéda, la mort ne marque pas la fin de la vie. Une nouvelle aventure commence pour l’esprit de la personne décédée, comme pour celui des êtres qui tenaient à cette personne.

Lorsqu’une chose nous affecte personnellement, c’est que notre karma le veut ainsi. Cela veut dire que si un évènement de la vie provoque en nous une forte émotion, c’est un signe qui nous indique d’entreprendre un travail sur nous-mêmes.


Bien évidemment, lorsque nous perdons un être cher la peine est si intense qu’il n’est pas aisé de penser ainsi. Et pourtant, le trou béant que laisse cette personne décédée est un véritable passage vers une partie plus profonde de notre être, une partie que nous n’avions peut-être jamais encore aperçue.

Selon l’Ayurvéda, et ses fondements philosophiques, c’est grâce à la douleur de la perte de l’être cher que nous pouvons expérimenter la Vérité. Une fois le deuil fait, notre vraie nature serait donc révélée. Toujours selon ces croyances et de la même manière, l’expérience de la mort offrirait à celui qui est décédé une nouvelle opportunité de croissance spirituelle.


Nous suivons cependant tout au long de notre vie des schémas émotionnels protecteurs. Ceux-ci permettent difficilement de faire l’expérience de l’Amour véritable au sein de nos relations. Certains cherchent à avoir le contrôle sur l’autre, d’autres deviennent aigris ou manipulateurs avec l’âge. C’est à cause de ces schémas émotionnels protecteurs qui se sont imprimés en nous durant toute notre vie. Lorsque nous passons de vie à trépas, nous abandonnerions ces schémas et nous pourrions alors faire l’expérience de notre vraie nature, l’expérience de l’Amour véritable. Les vieilles émotions, celle que l’on peut qualifier de désagréables (colère, tristesse, dégoût, …) n’existeraient alors plus et il ne resterait que l’Amour.


Parfois, l’être cher décédé n’a pas été capable de nous exprimer son amour durant son vivant. Au moment du décès cependant, avec l’abandon des schémas émotionnels protecteurs, son amour inconditionnel pour nous nous serait révélé. Le moment même où la personne décède serait le moment où sa vraie nature est révélée. Comme elle prendrait conscience qu’elle n’est qu’Amour, elle pourrait alors agir en conséquence. Ce qui n’est pas évident puisqu’elle ne peut plus réellement communiquer avec nous…

De notre côté, ce que nous avons à faire, c’est d’endurer la douleur et le chagrin. Si nous aimions la personne et si elle nous aimait, sa perte nous permet d’accéder à une part plus profonde de nous-mêmes. C’est comme si, lorsque la personne partait, elle nous hameçonnait au cœur et qu’elle tirait continuellement la ligne pendant des mois afin d’attirer notre attention. Elle voudrait que nous puissions expérimenter la Vérité : cet Amour inconditionnel qu’elle est maintenant à même de ressentir. Elle souhaiterait que nous expérimentions cet Amour et cette liberté d’être, alors elle tire sur l’hameçon jusqu’à ce que nous trouvions un moyen de dépasser la douleur.

Dès que nous avons trouvé ce moyen, nous pouvons expérimenter une nouvelle version de nous-même, une version avec moins de peurs et plus d’Amour. C’est Amour qui nous apporte une meilleure connaissance de qui nous sommes réellement.

Dans beaucoup de cultures tribales, lorsqu’une personne âgée meurt, on croit qu’elle rejoint les autres ancêtres et, qu’ensemble, ils guident la tribu. Certains disent que ces cultures sont habituées à communiquer sans l’aide de mots ni du toucher. On leur prête même des dons de télépathie. D’ailleurs, lorsque les membres d’une tribu sont ensemble, ils sont rarement bavards car ils emploient une méthode de communication plus directe, qui est au-delà des mots. C’est une communication de cœur à cœur qu’ils établissent et qu’ils pratiquent toute leur vie. Ainsi, lorsqu’un ancien disparaît, il y a moins de douleur et moins de peine. La communication établie du vivant de la personne demeure, et cet ancêtre peut alors guider la tribu de là où il se trouve. En sachant cela, est-il vraiment inconcevable qu’une relation avec un être cher décédé soit possible ?


Qu’est-ce que le chagrin ? C’est simplement le fait de fermer le cœur, comme si on l’éteignait, de façon à ne plus ressentir la douleur de la perte. Il s’agit d’un réflexe de survie naturel et nécessaire. Mais avec le temps, alors que la douleur s’amoindrit, il devient possible d’utiliser cette douleur comme guide pour se mettre de nouveau en relation avec l’être aimé disparu. Cette nouvelle relation est alors basée sur l’Amour véritable, inconditionnel. Nous dépassons la douleur et expérimentons notre Moi profond en aimant pleinement cette personne disparue. Elle-même libérée de ses bagages émotionnels, libre de nous exprimer pleinement son Amour. Sans mot ni contact physique, cette communication est complète, directe et éternelle.


Qu’est-ce que l’Amour inconditionnel ? C’est lorsque 2 cœurs s’ouvrent et expriment la vérité de leur nature profonde (l’Amour donc) sans rien attendre en retour. On peut dire que c’est le fait d’aimer l’Amour. C’est le fait d’exprimer et d’aimer cet Amour que nous avons à l’intérieur, l’Amour qui est ce que nous sommes. Cet Amour est éternel et n’a pas de limites, pas même la mort.


Pour dépasser la phase de deuil, nous devons agir, et pas simplement intellectuellement parlant. Le but est de créer de nouvelles et de meilleures voies neuronales dans notre cerveau et dans notre système nerveux. Pour cela, nous pouvons par exemple nous créer un endroit spécial où nous pourrons communiquer avec les êtres chers disparus. Traditionnellement un autel, mais ce peut aussi être un joli coin de nature. Là, nous devons exprimer l’Amour que nous avons pour cette personne. Nous pouvons lui écrire une lettre que nous n’enverrons pas, lui envoyer un SMS sur son ancien numéro, ou tout simplement lui parler à haute voix avec notre cœur. Mais nous ne pouvons pas nous contenter que de lui adresser de belles pensées. Une action plus physique, plus matérielle, est nécessaire pour activer de nouveaux schémas neuronaux.

Il se peut que la relation que nous avions avec ce proche fût quelque peu tumultueuse et, même si nous savons que nous l’aimions, il peut être difficile d’exprimer cet Amour après le décès. Dans ce cas, nous pouvons utiliser ce que l’on appelle les 3 aspects de l’Amour. C’est une « méthode » pour atteindre l’Amour inconditionnel en passant par différentes étapes. La 1ère de celles-ci est la compassion. Imaginons la personne disparue à l’âge de 5 ans. Tout ce qu’elle voulait à ce moment-là était d’être aimée et appréciée de ses parents, mais ils n’étaient pas suffisamment disponibles pour lui donner ce dont elle avait besoin. Alors, elle s’est créée une personnalité à partir de ce qu’elle avait et de ce qu’elle savait, une personnalité qui, selon elle, la mettrait en sécurité, la ferait se sentir plus aimée ou plus digne d’être aimée. Des années de construction d’une telle personnalité, basées sur ce besoin désespéré de se sentir aimé, ont bâti la personnalité que nous connaissions durant le vivant de la personne. Grâce à la compassion, nous comprenons donc que la personne disparue cherchait simplement, à la base, à être aimée. Après plusieurs années, ces essais se sont transformés en des boucliers protecteurs, en un grand besoin de contrôle et/ou en des actes manipulatoires. Une fois cela compris, nous sommes à même de découvrir le 2ème aspect de l’Amour : la gratitude. Il s’agit de la gratitude ressentie pour notre capacité à comprendre et non plus à juger les traits de personnalité de la personne disparue qui ont pu nous heurter. Nous ressentons alors de la gratitude car nous avons découvert la Vérité. A partir de cette expérience profonde de gratitude, nous pouvons ensuite entrer dans le dernier aspect de l’Amour qui est la joie. La joie n’est qu’une expression de notre nature véritable. En utilisant la compassion et la gratitude pour dépasser toutes les raisons pour lesquelles nous n’avons pas pu exprimer notre Amour pour la personne disparue, nous pouvons alors expérimenter la vérité. Durant tout ce temps, derrière la douleur se cachait l’Amour. Nous sommes désormais libres de ressentir de la joie et de l’Amour sans raison particulière. Pas parce que quelque chose de bien nous serait arrivé : ces émotions pures ne dépendent d’aucune cause extérieure. Elles ne sont que ce que nous sommes vraiment.

Nous pouvons maintenant être plus sereins. Nous savons que l’être cher a été réellement libéré de ses schémas émotionnels protecteurs grâce au processus transformationnel de la mort. Sa lumière nous illumine maintenant comme le soleil éclaire la Terre. Réconfortés par cette lumière, par cette douce chaleur, et ayant traversé le deuil, nous sommes également libérés. Nous pouvons ouvrir grand notre cœur, expérimenter la Vérité, et profiter d’une communication cœur à cœur éternelle avec la personne disparue.


Cette étape difficile à différents niveaux change notre vie pour le meilleur...

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